Entreprendre en france pour le tourisme

Parce que nos entreprises ont décidé de s’allier pour témoigner de l’importance vitale stratégique des activités générées de l’industrie française du tourisme,

Parce que le développement du tourisme français dépend pour une large part des politiques publiques mises en œuvre tant au niveau national qu’à celui des collectivités territoriales et de l’Union Européenne,

Nous proposons de partager avec les autorités publiques notre capacité de vision stratégique et d’action afin d’intensifier la croissance du tourisme français pour optimiser ses impacts économiques et sociaux.

Nous souhaitons constituer une force de réflexion, de propositions et d’actions pour stimuler la création d’emplois par les activités liées au tourisme et pour que, dans le débat public, les moyens dédiés à la croissance du tourisme soient retenus comme une priorité nationale.

Nous avons l’ambition d’être un partenaire loyal et exigeant, constructif et vigilant. Nous sommes mobilisés pour proposer et apporter notre concours à toute initiative visant à élever le niveau de qualité et d’innovation des produits touristiques français ainsi que leur promotion.

En France, le tourisme constitue une activité équivalente à 7,3% du PIB, dont plus du tiers généré par des visiteurs étrangers ; il fait vivre 270.000 entreprises, emploie directement 1,2 millions de salariés et, indirectement, un million d’emplois supplémentaires. Avec un solde positif de 11,3 milliards d’euros en 2012 il constitue le premier poste de notre balance des paiements.

En 2012, plus d’un milliard de touristes ont franchi une frontière internationale. Ils étaient 25 millions en 1950 et 471 millions en 1992. Le volume du tourisme international a ainsi été multiplié par 40 en 60 ans et a doublé en 20 ans. En valeur, il représente directement un marché de 1.100 milliards de dollars et a plus que doublé en dix ans.

Si l’on ajoute le tourisme interne au tourisme international, c’est autour de l’équivalent de 83% de la population mondiale qu’il faut chiffrer les arrivées de touristes en 2012 et le cap des 100% devrait être franchi dans à peine cinq ans. A elle seule, l’Europe devrait accueillir 90 millions de touristes internationaux supplémentaire en 2020.

Dans un secteur marqué par une compétition internationale exacerbée, nous savons qu’aucune position n’est jamais définitivement acquise et que son maintien exige des produits renouvelés, des investissements permanents et une promotion renforcée.

La multiplication des destinations touristiques dans le monde, la diversification des marchés-source et des flux de touristes, l’explosion des types de produits touristiques, l’internationalisation des acteurs d’une chaîne de valeur toujours plus composite ainsi que les politiques volontaristes développées par un nombre croissant de pays peuvent profondément affecter le tourisme en France.

Depuis au moins 10 ans, le tourisme réceptif français perd des parts de marché non seulement au niveau mondial mais également au niveau européen et même au sein de l’ensemble qu’il forme avec ses principaux voisins au sein de la zone Euro. Ainsi, pour 100 touristes étrangers reçus en 2000, la France en reçoit aujourd’hui 108, l’Espagne 127 et l’Allemagne 160. Pour 100€ gagnés du tourisme international en 2000, la France en gagne aujourd’hui 117, l’Espagne 134 et l’Allemagne 147.

De même, le niveau des dépenses par touriste étranger reste très largement inférieur en France à ce qu’il est chez d’autres pays leaders. Il apparait ainsi que si la France atteignait le niveau de recette unitaire de l’Espagne, c’est un supplément de 24,6 milliards d’euros qu’elle engrangerait, correspondant à environ 150.000 emplois salariés supplémentaires dans le secteur. Si elle atteignait le niveau de recette unitaire des Etats-Unis, ce serait un supplément de revenu de 65,3 milliards d’euros dont elle bénéficierait permettant la création de 400.000 emplois. La récente dégradation du rang de la France dans le principal index international de compétitivité touristique, quels qu’en soient les fondements, doit être considérée comme un signal d’alerte nécessitant une mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur.

La France doit élaborer une stratégie de développement du tourisme qui fixe un cadre souple, lisible et partagé dans lequel les opérateurs tant publics que privés puissent inscrire leur action de façon cohérente et dynamique.

L’extraordinaire potentiel dont bénéficie notre pays peut contribuer de façon décisive à la croissance et la création d’emplois s’il parvient à desserrer les freins qui entravent son développement.

Un plan d’action sous-tendu par une stratégie nationale doit être engagé pour lever les entraves légales, règlementaires, financières ou fiscales qui affectent plusieurs segments de la chaîne de valeur du tourisme et placent nos entreprises face à un niveau de contraintes souvent plus élevé que leurs concurrentes étrangères. Cela concerne notamment :

  • le transport aérien
  • le transport routier de personnes
  • l’hôtellerie et les résidences de tourisme
  • la restauration
  • les parcs de loisir
  • le tourisme culturel
  • le tourisme de shopping
  • le tourisme nautique
  • le tourisme de neige et de montagne
  • le tourisme de foires et salons
  • le tourisme de bien-être
  • le tourisme de jeux et divertissements
  • la distribution des produits touristiques

Il est possible de trouver des solutions raisonnables pour impulser les investissements dans notre secteur, principalement en simplifiant des règles d’urbanisme dont la longueur, la complexité et l’incertitude des procédures ont pour effet de rebuter les investisseurs tant nationaux qu’étrangers.

De même les procédures de délivrance de visas de tourisme ne sont pas toujours aussi efficientes que celles de nos principaux partenaires de la zone Schengen ou d’autres pays qui sont confrontés aux mêmes contraintes de maîtrise des flux migratoires.

Par ailleurs, le tourisme français doit rapidement renforcer et diversifier le financement et l’organisation de sa promotion à l’étranger.

Les atouts exceptionnels qui font de la France la première destination touristique du monde doivent être portés par une vision à long terme, un dialogue renforcé entre le secteur public et les opérateurs privés, une volonté politique affirmée, une stratégie claire et des politiques publiques cohérentes.